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Ces commerçants qui ont fait rayonner le Kamouraska
Rédaction
Brïte Pauchet, heureuse de vivre dans le Kamouraska où elle peut conjuguer plusieurs de ses passions et les partager.
Savez-vous que le village de Kamouraska n’était initialement pas situé là où il se trouve aujourd’hui? Il a été fondé 2 km plus à l’est, sur le site du Berceau. Le parc sanctuaire, au bord de la route 132, conserve la mémoire de l’ancien village.
Les bâtiments ont disparu, le cimetière est resté. Un contour de pierres marque l’emplacement de la première église et du presbytère. Une chapelle souvenir honore les 1300 pionniers et pionnières de la seigneurie. Les dimensions du parc ne représentent qu’une partie du village. Le reste est sous les champs.
Si le curé et le seigneur restaient au Berceau, les citoyens, eux, ont rapidement préféré le site actuel, face à l’archipel de Kamouraska. Ainsi en 1791, lorsqu’il devient nécessaire de reconstruire l’église, c’est là qu’on décide de la bâtir.
Kamouraska devient le cœur économique, religieux et administratif de la région. Il est aussi un pôle touristique, où les notables de Québec viennent en goélette pour profiter des eaux. Le village prospère tant et si bien qu’il compte 6000 habitants en 1827.
De commis à négociant
Un des artisans de cet essor est le marchand Amable Dionne. Ce natif de Kamouraska travaille comme commis avant de devenir le partenaire d’affaires du négociant Pierre Casgrain, seigneur de Rivière-Ouelle. Après quelques temps, il ouvre une succursale à Kamouraska, dans sa propre maison.
Son commerce fonctionne bien. Très bien, même. Amable Dionne est propriétaire de 6 goélettes, qui transportent blé, beurre de Kamouraska et autres denrées vers Québec et ailleurs. Déjà seigneur de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, il achète la seigneurie de Saint-Roch-des-Aulnaies. Visionnaire, il rénove le moulin à farine pour en améliorer le rendement et y ajoute un moulin à scie ainsi qu’un moulin à carder la laine et à fouler les étoffes.
Amable Dionne et son épouse, Catherine Perreault, sont prospères et veulent le meilleur pour leurs enfants. Les garçons héritent chacun d’une seigneurie.
Les filles, quant à elles, bénéficient d’une instruction de qualité auprès des Ursulines de Québec et reçoivent une dot appréciable, qui permettra de choisir leur mari.
Les sœurs Dionne sont en effet très convoitées dans la haute société du Bas-Canada. Au taux d’aujourd’hui, chacune apporte à son futur époux plus de 300 000 $.
Commerçant et Père de la Confédération
Ainsi, la plus jeune, Georgina, épouse à 16 ans un certain Jean-Charles Chapais. Ce dernier est déjà bien établi à l’époque. Il a construit sa maison magasin général sur des terres à Saint-Denis qui, à l’époque, ne forme pas encore un village. Le magasin général, et bientôt bureau de poste, est le lieu de rassemblement et de partage des nouvelles.
Impliqué pour sa communauté, Jean-Charles Chapais milite pour la création d’une paroisse à Saint-Denis et pour l’installation d’une église. Poussé par des amis, il se lance en politique et devient après une lutte serrée député de Kamouraska en 1851.
À l’Assemblée législative du Canada-Uni, Chapais propose des réformes des lois sur l’agriculture et œuvre pour l’abolition du système seigneurial. En 1864, il participe à la Conférence de Québec en tant que Commissaire des Travaux publics de la province du Canada.
Il est reconnu comme l’un des pères de la Confédération canadienne pour son rôle dans la négociation en faveur de plus grands pouvoirs pour les gouvernements provinciaux dans le futur système fédéral.
Cette histoire vous intéresse ?
Il est possible de visiter vous-même les lieux où ces personnages historiques ont vécu, la Maison Chapais à Saint-Denis-De La Bouteillerie, ainsi que le manoir et le moulin de la Seigneurie des Aulnaies à Saint-Roch-des-Aulnaies. Vous pourrez y entendre en plus grand détail la petite et la grande histoire du Kamouraska.
Le Musée de l’agriculture et de l’alimentation à La Pocatière et le Musée régional de Kamouraska sont également des incontournables pour découvrir la vie quotidienne de nos ancêtres. Et, ne manquez pas la visite guidée du village de Kamouraska, pour découvrir la maison d’Amable Dionne et vous replonger dans la villégiature du 19e siècle.
Enfin, les Archives de la Côte-du-Sud, à La Pocatière, conservent photos et documents d’époque. Si vous désirez les consulter ou si vous cherchez des traces de vos ancêtres, c’est le lieu à visiter.
Sources
Deschênes, G. (2011). La carrière politique de Jean-Charles Chapais (1811-1885). Le Javelier, 27(2).
Dubé, C. (2011). Jean-Charles Chapais : L’homme derrière le politicien. Le Javelier, 27(2).
Fédération des sociétés d’histoire du Québec. (1997). Le moulin banal de Saint-Roch-des-Aulnaies. Histoire Québec, 2(2).
Larocque, P., et coll. (1994). Parcours historiques dans la région touristique du Bas-Saint-Laurent. Université du Québec à Rimouski.
NosOrigines.qc.ca (2026). Nos Origines : généalogie du Québec et d’Amérique française.
Tremblay, S. (1993). Les seigneurs Dionne de Saint-Roch-des-Aulnaies. Cap-aux-diamants, (33).
Photos d’archives
Archives de la Côte-du-Sud : shcds.org
Musée québécois de l'agriculture et de l'alimentation
100, 4e Avenue,
La Pocatière,
Québec G0R 1Z0
T. 4188563145
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