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Sous des apparences de printemps tardif

Mer, 29 mai 2019

Sous des apparences de printemps tardif, le Bas-du-Fleuve se prépare. Déjà, les rivières se dégonflent et les têtes de violon surgissent des berges. Des champs au Kamouraska verdissent. La sève gorge les bourgeons écarlates des érables et dorés des saules. De l'autre côté du fleuve, le blanc étincelant des sommets enneigés des Grands Jardins s'assombrit, ne laissant à l'œil que leur profil bleuté. Le fleuve libère ses effluves de varech et ses eaux turbides s'éclaircissent.

Les gens aussi s'apprêtent à accueillir la belle saison. Ils raclent leur pelouse, lavent leur galerie, fleurissent leur parterre. Les cultivateurs sillonnent leurs champs et sortent leurs troupeaux. Les marinas s'activent. La file des vacanciers précoces qui s'échappent du traversier en provenance de Charlevoix s'allonge.

Depuis près de deux mois déjà, les pêcheurs ont pris la mer au quai de Rimouski. Les « locaux » se sont gavés de crevettes en écaille. Les étals des poissonneries regorgent encore de crabes des neiges. Plus tard, les pêcheurs sans bateau planteront des perches et tireront des filets sur l'estran du fleuve pour capturer l'anguille. En forêt, les cueilleurs de champignons cherchent les morilles. Au fil de la saison, ils contribueront à garnir les bonnes tables de la région. Les semis des maraîchers sont prêts à être transplantés. D'ici peu, ils courront les marchés publics, de même que les éleveurs de volaille « heureuse ». Les maîtres brasseurs, les distillateurs et les producteurs d'alcools fins astiquent leur comptoir de dégustation.

Les murs et les espaces des centres d'art et des galeries s'habillent. Les artisans ralentissent leur production pour profiter du printemps et accueillir les passants à l'atelier. Les draps frais et les nappes propres tapissent les lits et les tables des auberges. Les campings sont ouverts. Les casse-croûte déroulent leur auvent.

Il ne reste au Bas-Saint-Laurent que quelques retouches à apporter à son incroyable beauté pour recevoir ses villégiateurs. Qu'ils soient des habitués ou à leur première visite, ceux-ci sont pris au piège … celui de la relaxation, du temps suspendu, du rythme des marées, du silence, de la campagne authentique, du chant des oiseaux, de la splendeur du Saint-Laurent.