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Saut Sénescoupé

Randonnée sur les bords de la rivière Sénescoupé


Je reviens toujours avec plaisir au Sentier national qui traverse les Basques et le Témiscouata. J’en ai marché toutes les sections, à toutes les saisons, et c’est cette portion qui longe la rivière Sénescoupé, vers le village de Saint-Clément, qui m’en jette chaque fois plein les yeux.

 En grimpant un peu, on atteint un point de vue sur la jonction de cette rivière avec  la Trois-Pistoles. Puis, en remontant ce petit affluent, on va de surprise en surprise : une série de sauts encastrés dans un canyon la rende impraticable à la descente en canot… pas de portage possible le long de ses parois. Par contre, en amont des sauts, je peux vous dire que la baignade est délicieuse dans les petits bassins accessibles. Par endroits, en effet, le canyon laisse place à des pentes escarpées, mais praticables jusqu’au bord de cette rivière aux eaux vives.

À cette époque-ci, ses rives exhalent les parfums ombragés des fougères et du cèdre. Quelqu’un a pensé à « gosser » un banc qui regarde vers l’aval. Mais moi, je fouille le sol des yeux, espérant voir apparaître des talles de champignons. Hélas! La pluie et la chaleur n’ont pas encore suffisamment été au rendez-vous en même temps cette année. Je me console en écoutant la grive dont le chant me plaît entre tous. Gamme descendante ou gamme montante, il y a du reverb intégré à ce chant qui augmente l’effet de profondeur du sous-bois qu’il habite. 

Puis le sentier remonte et traverse une pinède chauffée par le soleil. Elle surplombe la rivière à hauteur du clocher de Saint-Clément qui émerge d’un des plis du paysage campagnard tout en rondeurs. À mes pieds, la faille où coule la rivière m’apparaît d’autant plus étonnante et superbe.

Me voilà réjouie d’avoir retrouvé ce paysage. Je sais qu’à la prochaine ballade, j’en retrouverai un autre, bien différent, mais que j’affectionne autant : les champs des bords du lac Témiscouata, la forêt de pins rouges de la montagne à Fourneau, une érablière vieille comme il n’y en a plus, les rives de la Trois-Pistoles qui cavale de cassure en cassure jusqu’à Tobin, puis jusqu’au fleuve avec ses odeurs de varech et de roses sauvages. Et j’envie les anciens Malécites, ces Autochtones pour qui c’était une des routes les plus achalandées menant des quartiers d’hiver sur le fleuve Saint-Jean près de la Baie de Fundy jusqu’aux pow-wow d’été à Tadoussac, de l’autre côté du Saint-Laurent. J’aime partager les sentiers qui longent les cours d’eau avec l’histoire des gens qui les fréquentent depuis des millénaires.

Voici les coordonnées! 

Corporation du Sentier National

Au Bas-Saint-Laurent

5, rue de l’Église ouest

Saint-Rita (Québec)

418 714-2599

direction@sentiernationalbsl.com

www.sentiernationalbsl.com


Nathalie Le Coz


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